Les
portraits sont la seule chose que j’aime peindre ou dessiner.
Je me suis, pendant longtemps, efforcé de reproduire les
visages avec un scrupuleux souci du réel, du rendu de la
peau, des ombres, des couleurs. Parvenir à un
résultat quasi photographique était mon principal
objectif. Je vendais alors par bouche à oreille des
portraits à la sanguine.
Une fois rassuré dans ma légitimité
à peindre, en regard de ce critère technique (ce
qui est, j’en conviens, une vision assez
rétrograde du statut de peintre), je me suis (enfin) senti
libre de déformer ce réel, de rechercher une
beauté qui m’était propre.
Si mes personnages prenaient soudainement
vie et sortaient des tableaux en conservant leur morphologie
improbable, leur allure me serait vraisemblablement repoussante,
monstrueuse. Mais la peinture leur permet de m’être
agréable. J’éprouve d’autant
plus de satisfaction à trouver beau en peinture ce qui
serait laid dans le réel.
Je découvre peu à peu les codes et les
règles de ce qu’est ma vision du beau dans ma
peinture : les lèvres rejointes, les fronts
bombés, récemment les mentons
plissés... Chaque nouvelle peinture se charge de ce que
j’ai aimé dans les autres.
C’est une satisfaction très personnelle que
m’apporte la peinture. C’est la seule chose de moi
qui ne souffre d’aucune critique. Lorsque des gens me disent
ne pas aimer mes toiles, j’éprouve le profond
soulagement de ne pas en être affecté. Ma peinture
est en cela un total espace de liberté.
Je travaille d’après des photos ou des dessins
préparatoires. Parfois d’après des amis
qui posent. Je commence peu à peu à vendre mes
toiles et mes dessins. Je travaille en ce moment à une
version masculine des « Six femmes ». Je peux aussi
peindre des portraits sur commande.
Jay KYRO
Contact : jay.kyro * gmail.com - 06 09 12 59 27
(remplacer * par @)
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