Je t’aime effondrement…

Solo coopératif (à peu près) écrit • joué • chanté • dansé • improvisé par Julien Daillère, avec les personnes présentes.
Durée : 60 min.
Création en cours, au fil de l’eau.
Disponible en tournée à partir de juin 2020.

Production : Cie La TraverScène.
Partenaires par ordre chronologique (détail en bas de page) : Festival « Sans Transition? » et l’association Un pas de côté (St Lézin, 49), Zaoum (Clermont-Ferrand, 63), i-Portunus (Europe créative, Union européenne), Fabrica de Pensule (Cluj Napoca, Roumanie), Anis Gras, le lieu de l’autre (Arcueil, 94).

Le cadre, c’est la tendresse.
Le sujet, c’est l’effondrement*.
L’objectif, c’est une action poétique coopérative en forme de spectacle.

Les principales pistes de travail engagées portent sur les sonorités de la langue, la coréalisation des effets scéniques avec le public et la proposition de nouveaux récits pour imaginer l’effondrement de manière plurielle.

action poétique * tendresse * coopération * nouveaux imaginaires * horizontalité

Aborder le thème de l’effondrement avec tendresse
Depuis la création de Cambodge, Se souvenir des images en 2018, j’ai choisi la tendresse comme cadre de travail pour guider mes choix artistiques dans la construction des spectacles que je propose au public. Par là, je recherche une forme de fluidité dans le passage permanent d’une émotion à une autre au fil de la représentation, des émotions qui émergent sans violence et dont la nature est plurielle, mêlée. C’est une piste que je continue de suivre et dans laquelle s’inscrit mon choix d’aborder aujourd’hui la thématique de l’effondrement. Comment attendrir la réception d’un sujet qui peut faire surgir des émotions extrêmes et des angoisses de fin du monde ? C’est le défi qui est au cœur de ce spectacle au sein duquel se répondront humour et tendresse. C’est aussi la raison pour laquelle je veux proposer aux spectateurs de prendre part au déroulement de la représentation de manière résolument active.

Accueillir la créativité des spectateurs en action
Confrontés aux annonces alarmantes quant à notre avenir commun, nous sommes facilement submergés par des émotions qui, entre sidération, fascination et sentiment d’impuissance, sont violemment paralysantes. C’est pourquoi je souhaite accompagner les spectateurs dans la mobilisation de leurs capacités créatives afin qu’ils puissent vivre la représentation en action. Dans la continuité du spectacle C’est bon. E ok. Rendben. This is just a story, je vais donc leur confier la réalisation d’effets scéniques, principalement au niveau sonore. Et pour que cette coopération soit clairement nécessaire, le spectacle aura la forme d’un solo coopératif pour des lieux non théâtraux, sans équipement matériel (idéalement des gymnases).

Extraits audio de la démarche en cours :
Lors du festival « Sans Transition ? » de St Lézin, après 4 jours de laboratoire aux côtés d’une trentaine d’artistes invités travaillant aussi sur la thématique de l’effondrement, j’ai pu présenter ma démarche. Voilà deux extraits audio de cette présentation.

1er extrait : avant de passer le relais aux spectateurs, il s’agit de lancer des pistes, de construire peu à peu l’atmosphère la plus propice à leur participation. Cette présentation de ma démarche sur la sonorité animale du langage humain et sur la proposition d’un nouveau sens au vocable « effondre » fera partie du spectacle.

2ème extrait : il est tiré d’une série d’expérimentations avec le public présent. Quels effets scéniques puis-je envisager au niveau sonore? Le spectacle se construit dans un aller-retour permanent entre les effets scéniques testés et réussis, disponibles pour la dramaturgie, et les effets scéniques souhaités au fil de l’avancée en écriture (sont-ils possibles?).

Le solo comme point de départ de l’action collective et créative
La forme du solo peut constituer un tremplin idéal pour favoriser l’implication du public dans la réalisation collective d’un spectacle. Sa participation concrète passe par l’investissement des places laissées vacantes par l’absence de partenaires de scène ou de matériel technique. Cette insuffisance de la scène encourage et légitime la coréalisation – voire cocréation en direct – de la lumière, du son, de la musique, du jeu, etc., notamment grâce à ce que les gens ont habituellement sur eux (un téléphone, des clés, etc.). C’est la raison pour laquelle je parle de « solo coopératif ». C’est l’atmosphère bienveillante, d’une naïveté parfois clownesque, qui encourage la participation des spectateurs et des spectatrices, tout en leur laissant la marge de manœuvre nécessaire à l’expression de leur créativité.

Où accueillir le spectacle ?
Un gymnase est l’endroit idéal parce que l’acoustique génère un écho qui est bienvenu pour le spectacle. Le gymnase est donc un lieu qui résonne acoustiquement mais aussi, symboliquement, avec la démarche que je mets en œuvre. Au niveau dramaturgique, le gymnase est généralement l’endroit où sont rassemblés des habitants après une catastrophe. Ensuite, le gymnase est le lieu d’un effort collectif, sportif, qui accompagnera ma volonté de mettre le public en action pendant que sera évoqué l’effondrement. Pour ce spectacle, je ne travaillerai pas sur l’éclairage au smartphone (j’utiliserai la lumière naturelle ou simplement l’éclairage habituelle du bâtiment), les effets scéniques réalisés avec le public seront principalement sonores.
À défaut de gymnase, où accueilleriez-vous les habitants de votre commune en cas de catastrophe ? Un préau d’école, une salle des fêtes (si peu équipée), un bâtiment désaffecté, etc. peuvent aussi offrir des conditions adéquates (à étudier ensemble).

Contact :

Julien Daillère / +33 6 69 18 75 27 / j.daillere@gmail.com

(*) : La notion d’effondrement, qu’elle soit plébiscitée ou controversée, fait partie des termes fréquemment employés dans les médias pour évoquer la fin (souvent considérée par les auteurs comme progressive et déjà entamée) de notre modèle de civilisation thermo-industrielle. Parmi les personnalités qui ont contribué à sensibiliser l’opinion publique et les médias en parlant d’effondrement, citons notamment les scientifiques Dennis Meadows, Joseph Tainter et Jared Diamond ou encore les auteurs du livre Comment tout peut s’effondrer paru en 2015, Pablo Servigne et Raphaël Stevens.

Historique et partenaires

Spectacle produit par la compagnie La TraverScène, initié en résidence lors du laboratoire artistique sur l’effondrement organisé en amont du festival « Sans Transition ? » 2019 de Saint-Lézin, co-organisé par le collectif « Sans Transition ? » et l’association Un Pas de Côté. Le travail s’est prolongé avec une résidence courte à Zaoum, Clermont-Ferrand (63). Grâce à une bourse i-Portunus du programme Europe créative de l’Union européenne, Julien Daillère sera en résidence en décembre 2019 à la Fabrica de Pensule de Cluj Napoca (RO). Une nouvelle étape de résidence de création aura lieu à Anis Gras, le lieu de l’autre à Arcueil (94) en mars 2020 ou plus tard.